Circuit "Art et Chapelles" 2011

Aperçu de l'intervention de Louis Harel dans la chapelle Sainte Croix à Rou-Marson.

« Insérer une œuvre contemporaine dans un lieu patrimonial et, qui plus est, un lieu consacré, impose, comme l’a souligné Pierre SOULAGES pour ses vitraux de l’abbaye de Conques, un certain degré de pertinence, de cohérence avec les lieux offerts.

C’est pourquoi, ces œuvres modernes sont inscrites sur un support, déjà bien ancien, et parfaitement adapté : le POLYPTIQUE. Le choix de ce support et l’interprétation ludique et contemporaine de ce « fond originel », beaucoup d’artistes contemporains le savent d’ailleurs, participe à l’œuvre en ajoutant son effet plastique incontestable.

Quant au « sujet » de ces œuvres NON FIGURATIVES, il a été tout simplement induit par la présence de Saint Sébastien et de Sainte Catherine d’Alexandrie, évoquée naïvement par les deux statues du  XVIIIe  présentes dans la chapelle. »

Louis Harel

Louis Harel - "À Ste Catherine" triptyque 150x200 cm.
À Sainte Catherine

Sainte Catherine, jeune princesse et savante d’Alexandrie (3éme siècle) refusa d’abjurer sa foi et d’épouser l’empereur Maximin qui ordonna son sacrifice ainsi que celui des savants docteurs envoyés pour lui faire quitter sa foi et qu’elle avait réussi à convertir.

Le tracé noir, dans un geste violent, traduit la violence du martyre de la Sainte et s’oppose à la zone médiane très légère et brumeuse, et au blanc lactescent du reste de la toile.
Jacques de Voragine, auteur de « la Légende Dorée », raconte que ce n’est pas du sang mais du lait qui coula lors de la décapitation de Sainte Catherine, beau symbole  de la foi aussi nourrissante que la science. En bas à droite, ses trois auréoles (verte pour la science, blanche pour la pureté et rouge pour le martyre) rappellent qu’elle est la sainte la mieux  « coiffée » de l’iconographie chrétienne. Le mouvement circulaire évoque la roue brisée, emblème de son martyre.

Les deux triangles du bas sont une interprétation contemporaine et ludique de la « prédelle » des anciens polyptyques. Ilsrelient  plastiquement l’œuvre aux deux autres présentes dans la chapelle et font aussi rappel aux chevrons de la magnifique charpente découverte.

L.H.